LO Torregrossa

Par HeleneCaroline Fournier

Le voyage intérieur

LO Torregrossa (LO étant le diminutif de Laurent)a quitté sa Lorraine natale pour le Québec où il y vit depuis décembre 2000. Il a découvert les paysages de la Belle Province depuis 1997, lors de nombreux voyages. C’est le majestueux fleuve Saint-Laurent qui l’a le plus marqué. Profondément attaché aux grands espaces, aux lignes d’horizon qui s’étalent sans rencontrer le moindre obstacle, LO est un amant de la liberté et des grandes étendues d’eau. Poisson ascendant Verseau, ancien champion de France en natation, son élément est indéniablement lié à l’eau ! LO, Laurent, le Lorrain, ancien navigateur, surnommé « l’artiste planchiste » par ses copains, a longtemps vécu sur la Côte d’Azur, sur la presqu’île de Giens, entouré de petits bateaux de pêche provençaux, appelés « pointus ». Son ami Pepito, qui était marin-pêcheur à bord de son pointu, est le point d’ancrage de LO et de ses premières toiles au sujet marin. Il a décliné des centaines de fois la « Maryse », toujours sur de grandes toiles, rêvant d’espace et de liberté ; sensations que l’on ressent en mer, lorsqu’aucune côte n’est visible. On lui a reproché l’absence de personnages dans la composition de ses oeuvres, mais l’artiste se défend bien de sombrer dans le commercial en y ajoutant des détails superflus. Pour lui, ses oeuvres sont l’expression d’une longue période vécue près de la Grande Bleue, le retour à l’essentiel de la vie: la liberté, l’amour et le moment pleinement vécu comme si c’était le dernier. LO est donc un artiste qui vit intensément le moment présent et qui ne veut pas savoir de quoi demain sera fait. Il déteste la météo. Il préfère la découvrir au jour le jour. Son atelier est un peu à l’image de la personnalité de l’artiste. Il n’aime pas s’entourer de gens pour peindre. Il va droit à l’essentiel, sans superflu. Il s’accommode toutefois d’espaces restreints pour peindre ses grandes toiles et plus il est restreint dans l’espace, plus les toiles seront grandes. Cela lui permet d’être « en plein dedans ». Il n’hésite cependant pas à sortir occasionnellement de l’atelier pour peindre en plein air, toujours dans des endroits déserts, loin des curieux et de la foule. Il prend alors un bloc de papier aquarelle, un petit pinceau et il peint ce qu’il a sous les yeux ; se réservant la peinture acrylique et les toiles pour l’intérieur. Lors de symposium, il préfère discuter avec les gens qui s’interrogent sur sa technique hyperréaliste laquelle, parfois, se rapproche de l’art photographique. Sa timidité face à la peinture en public se voit à la taille de ses toiles : toujours petites, des sujets plus faciles à comprendre pour le visiteur. Son humilité naturelle le pousse à s’intéresser davantage au vécu des gens, (surtout s’ils sont marins pêcheurs ou navigateurs), qu’à parler de son cheminement artistique. LO est quelqu’un de perfectionniste et de rangé : dans son atelier, tout est à sa place, tout a une utilité. Il travaille toujours avec le même rouge, le même bleu, le même jaune… très peu de couleurs pré mélangées. Il fait lui-même ses propres mélanges, ce qui donne un aspect homogène à sa palette. Il crée ses fonds le plus souvent à l’aérographe, surtout le ciel, les vagues et vient souligner tout le réalisme de sa peinture au pinceau. Ses nouveaux sujets depuis l’an 2000 : les bateaux de la Gaspésie et de la Baie des Chaleurs… un véritable voyage intérieur pour ceux qui n’ont pas l’occasion de partir en mer.

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2016-11-30T04:02:45-04:00

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