L’artiste est directement influencé par son environnement social

Photo de HeleneCaroline Fournier (c) copyright

A quel point l’environnement social influence-t-il la pratique de l’artiste (au niveau du choix des sujets traités, des médiums utilisés, des couleurs, du support, etc.) ? A quel point le lieu physique (l’atelier ou le plein-air) influence-t-il la qualité du travail de l’artiste ? (Par exemple: Si vous étiez dans un lieu non-habituel, sans radio, sans télévision, sans Internet, loin de vos repères habituels, pensez-vous que vous pourriez faire le même travail ou un meilleur travail ?)

Après de nombreuses années de recherche sur le sujet à questionner les artistes sur l’influence directe ou indirecte de leur environnement social dans leur pratique, je constate que les artistes en arts visuels sont très proches de ce qui les entoure. Un deuil influence leur vision de la vie, de la mort. Ils passent par une période plus sombre dans leur pratique qui durera le temps de faire leur deuil. Leurs couleurs changent, se ternissent, s’obscursissent jusqu’à devenir sans éclat, sans vie. La production diminue. L’enthousiasme n’y est plus, jusqu’à ce que le deuil soit fait. Alors, les couleurs pastels reviennent jusqu’à devenir plus vives. Il en va de même pour tout événement dramatique vécu difficilement.

La pandémie COVID-19 a apporté de nombreux changements au sein de la communauté artistique des arts dits visuels. Des sujets sont apparus, traitant des soucis, des angoisses, des contraintes, des expériences de la vie qu’ils avaient sous les yeux ou qu’ils ont expérimenté personnellement. Le lieu physique semble avoir une importance également pour eux. Rien ne remplace le confort de l’atelier, cet endroit intime qui fait parfois office de refuge ou lieu de rencontre et de partage. Le plein-air est, dans ce cas, temporaire, comme une évasion avant le retour en atelier. Par contre, les peintres pleinairistes ont ce besoin d’horizons nouveaux et de lumière naturelle. Ils recherchent le grand air et l’évasion n’a pas la même connotation que les peintres d’atelier. Avec la situation pandémique, peintres d’atelier et pleinairistes se sont trouvés coincés entre quatre murs, dans leur atelier, leur studio, attendant que la tempête se calme, rêvant de sortir au grand-air, rêvant de rencontres sans masque, sans crainte du coronavirus. La soif de culture est souvent un point qui revient dans mes recherches. Les artistes et les amateurs d’art ont soif de culture, de pouvoir échanger, de pouvoir être en contact direct avec des oeuvres originales, de pouvoir approfondir certains sujets entre artistes ou avec des collectionneurs, d’apprendre et de partager ce qu’ils ont appris et ce qui les motive vers une nouvelle production d’oeuvres. La pandémie aura été un frein à toute effervescence artistique pour eux. Elle a été, pour certains, un trou noir qui aspirait toutes nouvelles initiatives, mais également les espoirs, les énergies, l’inspiration et la créativité. Des rêves ont certainement été brisés et je ne parle pas de certains deuils qui seront difficiles à faire.

Il y aura certes, un après COVID-19, mais le post-ère-covidien n’effacera pas ce qu’ils ont perdu pendant cette longue période de noirceur. Certains artistes ont été à deux doigts de laisser leur carrière pour entreprendre une autre activité très loin de leurs préoccupations de toujours; une sorte de déchirrement obligé pour survivre financièrement. Être artiste est une vocation et ce n’est qu’avec un profond déchirrement qu’on quitte cette vocation pour quelque chose qui n’aura certainement pas la saveur ni la couleur de la créativité artistique. Heureusement, certains ont tenu bon, envers et contre tout… et, malgré tout. Ceux-là se relèvent à peine de ce choc, commotionnés par l’arrêt net de leurs activités professionnelles. Ils espèrent que 2022 sera meilleur.

On dit souvent que chaque jour suffit sa peine, que demain est un autre jour, ou encore, que l’espoir fait vivre…

Il est vrai qu’il faut regarder vers l’avant, vers l’avenir avec espoir, et vivre chaque moment au présent. Chaque seconde qui passe est un moment à saisir pour se faire de nouveaux futurs souvenirs qui influenceront éventuellement notre art, que nous soyons des artistes en arts visuels ou dans un autre domaine artistique. Notre environnement est la source de notre créativité car nous sommes des êtres sensibles. Oui, demain est un autre jour. Un jour que nous espérons peut-être plus serein, plus créatif, plus coloré, plus vivant qu’aujourd’hui, mais actuellement nous vivons au présent. Que pouvons-nous faire aujourd’hui qui aura un impact positif demain ?

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2021-09-10T11:43:21-04:00

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