En perpétuel mouvement

Par HeleneCaroline Fournier

Marie-Françoise Sztuka habite à Villers la Montagne, en Lorraine (France). Elle fait ses premières armes en dessin avec Antoine Doudoux au début des années 1980. Elle se perfectionne dans la technique du pastel avec Franco Favaro et principalement en peinture à l’huile dans l’atelier de l’artiste anglais Brett Rhodes-Neal à Vence (France), puis dans divers stages thématiques organisés par des artistes français (Rogine Doré, Denis Rival, Ben-Ami Koller…). Passionnée par Venise et son carnaval, elle y puise son inspiration pour ses premières oeuvres. Elle réalise ensuite sur le motif, des paysages de Lorraine ou du Sud de la France au pastel et à l’huile. Elle fait également des natures mortes (notamment des bouquets). Son style est en pleine évolution. Initialement figuratives, ses oeuvres passent par une période cubiste puis fauviste. Actuellement, elle s’oriente vers des effets de matière, abandonnant le pinceau pour le couteau. Elle a exposé dans de nombreuses villes françaises, belges et luxembourgeoises. La presse française a largement parlé d’elle lors de ses très nombreuses expositions parmi lesquelles on retrouve bon nombre de salons internationaux d’art contemporain. C’est en 2007 qu’elle devient membre du Collectif International d’Artistes Art Zoom (CIAAZ) qui lui ouvrira, par la suite, les portes de l’outre-Atlantique, dès 2009, avec La Grande Exposition Internationale d’Art Zoom à L’espace contemporain, une galerie d’art située dans la ville de Québec, au Canada. Cette reconnaissance internationale en tant qu’artiste professionnelle n’est pas sa première reconnaissance officielle puisqu’elle a obtenu Le Premier Prix au grand concours « votre talent à la une » de la revue Plaisirs de peindre en 2006 et qu’elle a également fait l’objet d’une critique très éloquente sur son travail : « Se réalisant dans le temps, étape après étape, déclic après déclic, maîtrisant à chaque fois une technique ou un domaine différent, Marie Françoise Sztuka est certes luministe, mais avant tout coloriste. Luminosité dans ses paysages ou lumière dans ses portraits, cette artiste sait jouer naturellement de l’opposition des couleurs en utilisant d’instinct l’ocre, le jaune et le bleu, réussissant à atteindre l’harmonie pour nous faire découvrir la beauté. Au fil de ses oeuvres, Marie-Françoise Sztuka rend noble ce qui est ordinaire, met du mystère dans le quotidien, transforme le provisoire en éternel, tout simplement, sans soucis de philosophie » (Claudine Philippe).

Pourtant, l’artiste nous pousse à la philosophie lorsqu’elle répond à nos questions au sujet de l’artiste d’aujourd’hui. « Un artiste est une personne qui crée, qui s’exprime. C’est un individu non-conformiste, qui agit selon ses coups de coeur et aussi selon son mode personnel de penser. La différence entre l’artiste et l’artisan est importante, bien qu’il ne faille pas pour autant dénigrer l’artisan et ses prouesses techniques. L’artiste doit en plus de ses qualités d’artisan, insuffler dans ses oeuvres, ses émotions, ses idées ou ses pensées philosophiques… bref, il doit rendre « vivante » sa création ». Ainsi, être artiste, est une manière d’être dont un certain mode de vie peut en découler ; mais « c’est avant tout une manière de penser ». L’artiste d’aujourd’hui a très peu de place dans la société actuelle, nous explique Marie-Françoise Sztuka. En cela, son opinion rejoint celles de divers artistes qui, comme elle, considèrent que la société a des priorités qui sont loin d’être les mêmes que les artistes qui rêvent, eux, d’idéal, de paix et qui donnent une clé pour s’en approcher par le biais de leurs oeuvres. « Notre société, que ce soit dans le monde du travail, dans la vie politique ou de l’art est encore très misogyne ». Marie-Françoise Sztuka n’hésite pas à parler des différences entre l’artiste de sexe masculin et de sexe féminin. « Cela n’est pas nouveau ! Mais il y a certains progrès… La différence entre l’artiste féminin et masculin est identique à la différence femme-homme dans la société. C’est la complémentarité entre l’homme et la femme qui nous amène à l’unité et c’est une recherche permanente. Mais soyons optimistes, tous les chemins mènent à Rome ». La clé du succès de Marie-Françoise Sztuka, outre une bonne dose de philosophie et une longue expérience pratique tournée vers le bien-être des gens, réside surtout dans la couleur. Elle en met, même là où il n’y en a pas. Sa peinture ouvre donc une fenêtre vers la joie de vivre et la lumière – reflet de sa propre personnalité passionnée. « Du bleu, du bleu et encore du bleu… et la vie est en rose », nous dit-elle. L’artiste lorraine a véritablement du style et du panache ! Son style correspond à une originalité du geste qui transpose une liberté dans laquelle ses sujets s’animent à travers le cubisme, le fauvisme et autres mots en « isme ». La peinture de l’artiste exprime une liberté à travers divers mouvements car « peindre, c’est la liberté ! C’est ce qui fait évoluer la peinture ». L’artiste, toujours en recherche, surtout de nouvelles techniques, avoue ne pas chercher de sujets porteurs car elle préfère peindre ce qu’elle aime, ce qu’elle trouve beau. « C’est sans doute un plaisir très égoïste, mais c’est une forme de sincérité ».

Lire l’article de la revue L’ArtZoomeur (Dossier: Les artistes d’aujourd’hui) en pdf

2016-11-30T04:02:43-04:00

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