Le bilan du Marché de l’Art en ce début d’année

Bilan de ce premier semestre 2018 du Marché de l’Art mondial – selon Artprice

Article paru sur LeMonde (blog)

 

A l’échelle planétaire, le Marché de l’Art réalise une progression de +18% sur le premier semestre 2018. Il poursuit ainsi la croissance retrouvée au premier semestre 2017 (+9 %) et confirmée au second semestre 2017 (+32%).

En chiffres, cela signifie que plus de 262 000 lots (dans la catégorie beaux-arts) ont été cédés aux enchères au cours des 6 premiers mois de l’année 2018, pour un produit total de 8,45 milliards de dollars américains (incluant les frais).

Thierry Ehrmann, fondateur et PDG d’Artprice assure que «le Marché de l’Art depuis l’an 2000, soit 18 ans d’observation, a fait preuve d’une maturité à toute épreuve, affrontant la crise du NASDAQ, les événements du 11 septembre 2001, la 2ème guerre d’Irak et bien sûr la crise financière et économique sans précédent de 2007, une tension géopolitique mondiale avec de plus, l’apparition des taux négatifs laminant les épargnants. Durant ces 18 années, le Marché de l’Art a su effectuer des corrections salvatrices évitant son effondrement face à la crise financière, s’érigeant en valeur refuge, sans constituer pour autant une bulle spéculative».

Entre logique d’investissement, spéculation, collections passionnées, demande insatiable pour les grandes signatures qui viennent alimenter les nouveaux musées du monde (il s’est construit plus de musées depuis 2000 que durant tout les XIXe et XXe siècles réunis), le Marché de l’Art au niveau mondial affiche une bonne santé. Il connaît une croissance, malgré les disparités de l’économie mondiale.

Alors que les Banques Centrales appliquent des taux négatifs ou nuls, le Marché de l’Art affiche une santé insolente avec, par exemple, une progression de 2 108% des recettes annuelles enregistrées sur le seul segment de l’Art Contemporain en 18 ans et une progression linéaire de la valeur moyenne d’une œuvre d’art du Marché de l’Art global (qui couvre l’ancien, le moderne et le contemporain) de +25%. Pour l’Art Contemporain cette progression atteint 88 % en 18 ans.

Ces rendements formidables ne sont pas réservés qu’aux artistes stars. En effet, on obtient des rendements annuels déjà très significatifs (de l’ordre de 9%) dès que le prix d’une oeuvre franchit la barre des 20 000$.

L’omniprésence d’Internet par plus de 5 milliards de personnes connectées (selon les chiffres de Microsoft) devient désormais l’espace unique et définitif des Maisons de Ventes. 99% des 6 300 Maisons de Ventes dans le monde sont aujourd’hui présentes sur Internet (elles n’étaient que 3% en 2005).

Dans le top 500 des artistes par produit de ventes, la Chine compte à elle seule 128 artistes et prend une place considérable dans le marché (Zao Wou-Ki est l’artiste chinois le plus performant au 1er semestre 2018 avec 155 millions de dollars américains) par rapport aux Etats-Unis (82 artistes) et à la Grande-Bretagne (27 artistes) qui forment un triumvirat fermement installé dans le Marché.

Dans le top 10 des artistes vendus aux enchères, pour le 1er semestre 2018, on retrouve Modigliani (157 159 000$), Picasso (115 000 000$), Malevitch (85 812 500$), Monet (84 687 500$), Matisse (80 750 000$), Brancusi (71 000 000$), Picasso (68 702 214$), Picasso (57 829 046$), Bacon (49 812 500$) et Basquiat (45 315 000$).

Ces chiffres indiquent un marché extrêmement dynamique. Au 1er semestre 2018, New York est la première place du Marché de l’Art de la planète. Avec une croissance de +48 %, le chiffre d’affaires américain pèse déjà 3,3 milliards de dollars. Les Etats-Unis redeviennent ainsi temporairement la première puissance mondiale, concentrant 40 % de la valeur totale du Marché de l’Art en ce début d’année.

Source: Artprice
Crédit photo: Le «Nu couché (sur le côté gauche)» d’Amedeo Modigliani lors de sa vente aux enchères chez Sotheby’s

2018-09-03T10:31:34+00:00

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