« Rouages » est une acrylique sur toile de 12 x 9 pouces (soit 30 x 22,5 cm) de l’artiste LO. Cette œuvre présente un pont de voilier à trois mats avec son accastillage. On y distingue des poulies, des cordages, des noeuds, un pont en bois et un point d’eau. Les formes géométriques s’y multiplient, d’abord avec les poulies et leur forme ronde qui font écho aux cordes enroulées. Si la forme ronde est très présente, les lignes diagonales le sont toute autant, bien que plus discrètes, formant des triangles ouverts. Les diagonales, avec ce jeu de cordes, vers la gauche et vers la droite, cassent le rythme vertical des poulies au centre de l’oeuvre, qui aurait été trop rigide sans leur présence. Les lignes horizontales du pont et du bastingage font écho aux vagues que l’on voit dans ce carré qui ressemble à une petite fenêtre ouverte sur le monde extérieur qui met le spectateur dans une composition géométrique.

Le bois est la matière la plus présente dans cette œuvre. Elle évoque un centre de vie, une réserve de fraîcheur, d’eau et de chaleur associée à une matrice qui fait référence au désir de sécurité. La vie est, en effet, une navigation périlleuse, comme la navigation en mer. C’est pourquoi le navire, avec son symbole de matrice, évoque la sécurité du navigateur, tout autant que du spectateur qui se trouve à bord, grâce à la composition ouverte de l’oeuvre.

Un navire est généralement le symbole d’un voyage ou d’une traversée. Le bateau symbolise la traversée des existences et des états d’être. Ce voilier à trois mats, qui est le Blue Nose II en réalité, est l’allégorie de l’embarcation pour vaincre les embûches de ce monde et les tempêtes des passions. Sa solidité apparente en fait une aire de protection, qu’on sent à l’épreuve des orages de la vie. Les parties métalliques, visibles sur les poulies, nées d’une transformation alchimique du minerai de fer tiré de la terre et transformé en métal par l’opération du feu, montrent qu’il y a véritablement tous les éléments dans cette œuvre: l’eau, la terre, l’air et le feu.

Par la présence des poulies, au premier plan, on comprend que le sujet principal est le mouvement dans l’immobilité apparente, la transmission d’énergie, la mécanique, la force modifiée, le travail et l’ingéniosité humaine. La poulie symbolise ici la puissance rendue accessible par la science et l’ingéniosité, le mouvement organisé et la capacité de surmonter des obstacles grâce à des systèmes simples, efficaces, pour élever quelque chose en soi… peut-être pour s’élever au-dessus des velléités du monde par des rouages secrets dont l’art est un ingrédient important.