Petite note de naïveté

Par HeleneCaroline Fournier

Petite note de naïveté – mignardises de son et de couleur est une exposition thématique de petits formats qui se compose d’une part, d’une exposition de 99 oeuvres et, d’autre part, d’un événement sonore. Une mesure à deux temps pour les vingt-et-un artistes qui ont inauguré leur exposition avec une symphonie de couleurs, ce dimanche 23 janvier à la Galerie du Tracel et qui reviendront le temps de l’événement sonore qui se tiendra, quant à lui, le dimanche 8 février 2009. Ce projet original a été composé par Madame Judith Marcoux, professeur de musique à L’École l’Arbrisseau et orchestré par Madame Janet Blais de la galerie. La portée de cette exposition est en clé de sol puisque tout le bas de la Maison Blanchette accueille cette exposition. Les mignardises s’alignent rondes, blanches, noires, croches, dans un agencement adroitement rythmé. Un temps de pause est nécessaire entre chaque soupir pour mieux en apprécier les détails et pour éviter la syncope. L’échelle tonale est étonnante, on y retrouve de tout. Au fil de la visite, la gamme montante nous fait découvrir des merveilles, bien au-delà de nos espérances. Ainsi s’impose Lise Béliveau en petits carrés où s’harmonisait une quinte de petits plaisirs. Anne-Marie Bourguignon présente des masques et des figures traités de façon tonique et harmonique. Dianne Brunet nous fait découvrir son trio d’acryliques très colorées. Hélène Gamache nous explose avec un accord parfait majeur qui montre bien la contemporanéité dans le mouvement. Cécile Gosselin poursuit la cadence avec des estampes qui méritent une note pointée. Michel O’Connell Guibord amène une consonance parfaite avec cinq oeuvres, dont des photographies composées et des sculptures en argile bronzée. Noriko Imaï fugue avec ses poissons, de petites aquarelles, acryliques et collages sur papier. Mélanie Jacob monte en intensité l’espace d’une comédie lyrique à cinq encres de Chine sur papier. Jacques Lambert, dans le ton de la naïveté tout en acrylique sur panneau, nous offre un dessin mélodique particulièrement bien lié. Réjeanne Lizotte improvise avec ses encres sur papier aquarelle nous berçant de ses notes d’ornement. Madeleine Lesage nous expose ses motifs pour fuguer dans le temps avec « Le Diable est dans l’horloge » qui mérite une note parfaite au niveau de l’originalité. Lisette M. Hanna nous réduit au silence intérieur avec sa quinte « Inside ». Arlette Paradis est sans doute le point d’orgue avec « Ils se la coulent douce », une huile sur coquillage mise sous verre et sa peinture sur oeuf d’autruche qui invite au respect. Jean Potvin nous fait valser sous sa pétillante originalité de sculptures et dessin. Yolande Reny fait progresser cette symphonie de couleurs avec ses verres thermoformés et nous interprète une virtuosité avec son verre soufflé et ses pâtes de verre. D’ailleurs, son « escalier infini » nous pousse vers les sommets… Judith St-Hilaire interprète une mélodie au diapason avec les maîtres tels que Rousseau et St-Gilles dont on apprécie l’empreinte. Eve Tellier Bédard au naturel nous offre des techniques mixtes sur papier sous fenêtres de verre. Thérèse T. Paquin nous présente un accord parfait avec des mignardises de verre d’une délicatesse digne d’une virtuose. Danielle Désilets nous fait tanguer avec sa quinte de bateaux et pour terminer cette interprétation de façon crescendo, Chantal Brunelle nous percussionne avec ses acryliques doublé d’un Bernard Hild, duo d’artistes devenu inséparable depuis 2007, qui nous séduit par son quatuor de couleurs toniques et nous pince les cordes dans une romance inattendue. Les contraintes de l’exposition ont été respectées. On y retrouve donc un choeur de 99 petits formats, dans une naïveté de couleurs très dans le ton. Il n’y a pas de bémol à cette exposition, vous pouvez la consommer avec excès puisque les prix de ces oeuvres varient très raisonnablement entre 15 et 220 dollars (10 et 146 Euros). La Galerie du Tracel est située au 4187 Côte de Cap-Rouge à Cap-Rouge (Québec-Canada). L’exposition se poursuit jusqu’au 22 février 2009. L’événement sonore de cette exposition thématique se tiendra le dimanche 8 février 2009 à 14 heures. Les élèves de 4ème et 5ème année de l’École l’Arbrisseau de Cap-Rouge exécuteront une création sonore pour le plus grand plaisir des mélomanes et des amateurs d’art.

Article tiré de la revue L’ArtZoomeur (Dossier: Critiques d’art) vol. 1

2016-11-30T04:02:42-04:00

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