Nicolas Audigier, un sculpteur à découvrir

Nicolas Audigier est né en 1981 à Chambéry (France). Il fait des études à l’E.M.B. de Felletin, dans le département de la Creuse, en métiers de la pierre où il obtient un Certificat d’aptitude professionnel (CAP) et un Brevet professionnel (BP).

 

Il a grandi dans une famille qui vivait avec des valeurs fortes comme la tolérance et l’indépendance, pas spécialement axée sur le développement artistique. Enfant, il est plutôt attiré par le dessin. Il recopie des pochettes de CD, réalise aussi des dessins à partir de photos dans les magazines et caricature ses professeurs. Pendant les vacances, c’est la photographie qui l’occupe. D’une certaine façon, l’art était présent dès son plus jeune âge à travers ses loisirs. Deux évènements marquent sa vie d’enfance et d’adolescence: le divorce de ses parents et la maladie de sa mère. Sa mère, atteinte d’une tumeur au cerveau, ne le reconnaitra plus. Il n’a que 13 ans.

Nicolas Audigier quitte la maison à 16 ans pour l’internat, pour apprendre un métier. C’est au lycée que l’intérêt a véritablement débuté pour la sculpture. L’un de ses professeurs de taille de pierre était sculpteur. C’est avec cet homme, pour qui il a une grande admiration, qu’il découvre la sculpture et la liberté qu’apporte la taille directe.

En 2002, avec l’Entreprise Lefèvre, il fait ses débuts avec des restaurations de monuments historiques puis, en 2005, par l’entremise des Ateliers Mainpontes, il réalise des sculptures ornementales. Il y rencontre des gens exceptionnels. Son formateur, Antonio Vico Vico, un sculpteur et peintre issu de l’École des beaux-arts de Paris, lui fait découvrir la peinture.

En 2010, il démarre ses premiers projets de création sous le nom de « Audigier Création ». En 2011, sa mère décède. Il cesse ses activités de création artistique pour se concentrer sur son travail de monument. Il reprend la sculpture artistique après la naissance de sa fille, Ema, en 2015. Il réalise dès lors l’essentiel de ses oeuvres tout en la regardant grandir.

En 2016, il expose sa première sculpture, intitulée « La Parisienne », chez Art&Miss, une galerie à Paris. L’expérimentation, l’improvisation et la synthèse des formes sont sa marque de commerce avec, pour influence, le cubisme.

Jusqu’à ce jour, Nicolas Audigier a participé à plusieurs chantiers de restauration, de conservation et d’ornementation sur des monuments historiques, notamment avec Tollis, Socra et les Ateliers Enache, qui ont travaillé sur des sites exceptionnels tels que le Château des Ducs de Bretagne à Nantes, l’Église Saint-Sulpice à Paris, le Château de Versailles, l’Hôtel des Invalides à Paris, l’Église Saint-Maclou de Rouen, la Cathédrale Notre-Dame de Rouen, Le Louvre à Paris, etc.

Depuis 2010, Nicolas Audigier a participé à plusieurs salons et a exposé ses oeuvres dans plusieurs endroits en France. Il a obtenu, en 2017, la 2ème et la 4ème place à la American Art Awards. Bien que le sculpteur vit à Grésy-sur-Aix, il partage son temps entre la Savoie et la Normandie.

La Parisienne - Oeuvre de Nicolas Audigier

La Parisienne – Oeuvre de Nicolas Audigier

Muses - Oeuvre de Nicolas Audigier

Muses – Oeuvre de Nicolas Audigier

SA DÉMARCHE ARTISTIQUE

La Pierre de Tervoux, une pierre calcaire extraite principalement dans le Poitou, est son matériau de prédilection. Cette pierre a la particularité d’avoir un aspect uni, un grain rond et fin, qui permet d’aller dans le détail.

Pour la sculpture réaliste, un long travail préparatoire est essentiel; la sculpture sur pierre demande en effet beaucoup de temps. Toutefois, la technique de la taille directe s’est imposée à lui comme une évidente liberté d’expression.

Ses outils de travail sont principalement la massette et les ciseaux à bois. Pour les grosses pièces, il utilise parfois une meuleuse avec disque diamant et/ou un pistolet pneumatique pour concilier précision et efficacité.

L’expérimentation, l’improvisation et la synthèse des formes

«Je ne cherche pas toujours à donner un sens à ma sculpture», explique le sculpteur. «Parfois, j’ai envie d’exprimer quelque chose et je réfléchis à une représentation. Parfois, je veux réinterpréter quelque chose de beau ou qui me touche». Il se contente alors d’une simple esquisse en guise de préparation. «Le reste du travail sera dans l’improvisation avec les contraintes de la pierre qui, je le sais, vont me pousser à m’adapter».

Il lui est déjà arrivé de ne rien préparer et d’attaquer le bloc de pierre brute en se disant qu’il allait découvrir quelque chose au milieu. Au fur et à mesure du travail, l’artiste a changé d’idée et l’exécution a pris une toute autre avenue. «J’ai décidé de conserver les quatre angles du bloc qui sont devenus, par la suite, des sortes de caryatides». Le bloc de pierre qui devait contenir la statue s’est finalement retrouvée en quatre piliers d’angle dont les silhouettes féminines, vêtues d’une longue tunique, soutiennent un toit conique. Cette sculpture, intitulée «Muses» a été réalisée dans le pur plaisir de la totale liberté d’expression, sans aucun dessin préparatoire. La taille directe a ses avantages et ses inconvénients. L’artiste ne sait pas toujours à quoi la sculpture va ressembler ni s’il va la réussir.

Son influence artistique vient du Cubisme. Elle est la pierre angulaire de son travail, bien qu’il n’ait pas souhaité l’étudier. C’est par l’entremise de son formateur le sculpteur et peintre, Antonio Vico Vico, que la porte s’est ouverte vers la peinture. Il lui parlait constamment des maîtres. Il est donc tout naturel que sa principale influence lui vienne de Pablo Picasso qui n’était pas qu’un peintre, mais aussi sculpteur, dessinateur et graveur.

L’inspiration et la production

Tout est susceptible d’inspirer l’artiste. «Même pour un bref instant, je peux me projeter dans une future œuvre. A ce moment-là, je réalise vite une esquisse». Quand une idée survient, l’artiste la couche sur papier. Il garde l’esquisse pour une réalisation ultérieure.

Selon la complexité de l’oeuvre, celle-ci peut exiger jusqu’à 300 heures de travail. Sa production annuelle est donc limitée à moins de 5 oeuvres.

Pour l’artiste, la création est un besoin en soi. «L’art et la culture en général sont ce qui relie les hommes, c’est fondamental et un besoin aussi».

Nicolas Audigier, qui partage son temps de création entre son métier de sculpteur en monument et la sculpture dite plus artistique, préfère quand l’art provoque de l’émotion et quand il surprend.

Pour tous les détails: voir le site Internet de l’artiste

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Crédit texte: Biographie et démarche artistique écrites par HeleneCaroline Fournier, experte en art et théoricienne de l’art, rédactrice spécialisée, critique, journaliste indépendante, évaluatrice en collections privées et corporatives – novembre 2019

Crédit photo: courtoisie

2019-11-10T16:48:50+00:00

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