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Etre comme l’eau

Cet article s’inscrit dans un projet de grande envergure qui s’appelle “Projet Inst’Art Ateliers” qui propose au public de deux continents différents la visite sur rendez-vous d’ateliers d’artistes. Débuté en 2014, ce projet a été présenté mensuellement sur Info-Culture et s’est poursuivi en 2015 et en 2016.  Cette initiative est celle d’HeleneCaroline Fournier. Tous les ateliers des artistes sont répertoriés sur le site Répertoire des Ateliers. Cette version a été améliorée le 31 mai 2018 et a été publiée sur lemonde.fr (blog).

 

Etre comme l’eau

LO est né en 1964 à Mont Saint-Martin (France). Il se fait d’abord connaître en Europe où il connaît un franc succès avec ses marines. Plusieurs collectionneurs européens le suivent fidèlement tout au long de son évolution. En 1997, il épouse une Canadienne et, dès 1998, il expose dans des galeries d’art du Vieux-Québec.

Il s’établit définitivement au Canada, en décembre 2000 et devient Canadien en juin 2005. En 2006, il déménage dans un quartier tranquille dans l’ouest de la Ville de Québec. Depuis 2013, il vit également à Ottawa, naviguant d’une ville à l’autre.

C’est un artiste qui vit exclusivement de sa peinture depuis 1989. A ce jour, il a fait plus de 600 expositions à travers l’Europe et l’Amérique du Nord. Il est devenu une référence en matière de marines réalistes et hyperréalistes. Le fond de sa démarche est axé sur l’esthétique, l’harmonie et la quiétude. La majorité de ses oeuvres utilisent le nombre d’or ou la proportion dorée, un concept mathématique qui permet de découvrir une relation entre harmonie, symétrie, équilibre et régénération.

Sa devise « se contenter de peu, c’est la richesse » vient de Lao Tseu. Si LO est considéré comme un poète de l’image, il est aussi un grand rêveur. Il aime rêver et faire rêver. « Sans art, il ne serait pas possible de parler de nos rêves, de nos espoirs, de nos certitudes », explique l’artiste qui voit l’art comme un moyen d’exister et de survivre à ce monde hostile. « Sans l’art, ma machine humaine ne tournerait pas à plein régime ». Si l’artiste lorrain peint des bateaux, c’est pour combler des manques, des vides, des espaces à remplir de beauté. Pour lui, ses oeuvres sont l’expression d’une longue période vécue près de la Grande Bleue. Sa peinture exprime le retour à l’essentiel de la vie: la liberté, l’amour et le moment présent vécu pleinement comme si c’était le dernier.

LO est un artiste qui vit intensément le moment présent. D’ailleurs, il déteste les prévisions météorologiques. Il préfère découvrir le temps qu’il fait au moment du réveil. Il prête l’oreille au murmure du vent et se réjouit du son de la pluie. Son atelier est un peu à son image: monastique, définitivement taoïste. Il n’aime pas s’entourer de gens pour peindre. Il vit sa peinture dans le discernement silencieux de l’oeuvre en devenir et pour son interaction avec les couleurs. Heureux de vivre, chaque rencontre humaine lui apporte une joie particulière. La discussion peut durer des heures; la philosophie qui s’en suit peut durer des années. Quand il peint, il va droit à l’essentiel, dans une narration de l’image qui n’a rien de décoratif, qui apporte rêve et poésie à celui qui s’y plonge.

LO s’accommode d’espaces restreints. Alors qu’il a un grand atelier et qu’il pourrait en disposer de façon moins spartiate, il utilise le même recoin de la pièce. Quand il ne peint pas en silence, c’est de la culture qui coule dans ses oreilles. Malgré l’éloignement géographique de la France, LO est fidèle à France Inter et France Culture, disponibles sur Internet. Il dispose de deux chevalets droits, d’un meuble ancien, ramené de France, d’une table à dessin industrielle, d’une desserte dont les tiroirs sont toujours ouverts et d’un simple tabouret. Ce confort minimaliste va de pair avec sa philosophie de vie d’artiste ascète.

Il sort peu de son antre. Fut un temps où il croquait sur le motif des paysages de nature sauvage en trempant son pinceau à même la rivière pour étaler l’aquarelle sur du papier Darche. Aujourd’hui, il se cantonne à ses marines dans la quiétude de son atelier. Quand il est à Ottawa, pour rester dans son élément, il réalise des scènes urbaines sous la pluie à l’aquarelle. Il affectionne tout particulièrement les reflets dans l’eau qui font apparaître une autre image de la réalité. Comme il peut passer jusqu’à 300 heures sur une seule toile, son côté casanier est compréhensible. Son art exige une grande rigueur.

Dans cet univers quasi monastique, tout est rangé, rien ne dépasse. D’ailleurs, l’aspect propre de l’atelier surprend beaucoup les visiteurs occasionnels. Tout ce qui est visible a son utilité. LO a longtemps peint en bleu de travail, celui de son oncle et de son père, deux anciens travailleurs de la sidérurgie lorraine. Ce bleu était indissociable de l’artiste jusqu’à tout récemment. Ses petits pinceaux sont rangés en quantité industrielle ainsi que les palettes qui servent à mélanger ses couleurs. Une palette et quelques pinceaux par toile; les objets sont jetés après usage. Pinceaux neufs et palette vierge sont nécessaires pour rester en bons termes avec les outils qui se mettent à son service le temps de la création d’une oeuvre qui fera assurément rêver.

Ses outils de travail sont éphémères, contrairement à l’expression de liberté et d’harmonie dont seuls les acheteurs peuvent ressentir au contact prolongé d’une de ses oeuvres. Ils sont les heureux bénéficiaires de cet étrange sentiment de bien-être que l’artiste a su mélanger alchimiquement dans ses couleurs.

L’atelier de LO est ouvert au public sur rendez-vous. Le public intéressé à visiter son atelier peut le contacter. Des photos de l’atelier de LO sont également disponibles sur Instagram et Flickr. Sur Instagram, les curieux, amateurs d’art et collectionneurs peuvent suivre le hashtag #loartiste pour avoir accès à d’autres photos régulièrement diffusées sur ce réseau social.

Atelier de LO

Atelier de LO

Atelier de LO

2018-06-05T18:18:26+00:00